Le Projet Marmotte Alpine

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Histoire

L’aventure du Projet Marmotte Alpine  a débuté en 1990. Cette année là, D. Allainé est recruté en tant que Maître  de Conférence à l’Université Claude Bernard-Lyon 1.  L’équipe universitaire était alors composée de M. Le Berre, R. Ramousse, J. Coulon et D. Allainé.  Le Parc National de la Vanoise était à cette époque demandeur d’un suivi scientifique sur la marmotte alpine dans l’optique d’acquérir les connaissances nécessaires à la résolution de conflits entre agriculteurs et marmottes, engendrés par les dégâts occasionnés par cette dernière dans les prairies de fauche. Des discussions ont donc été entamées entre l’équipe de recherche et l’organisme de gestion et de protection de la nature. Très vite, la réserve naturelle de la Grande Sassière, gérée par le Parc National de la Vanoise, a été choisie pour les nombreux avantages qu’elle présente: abondance des marmottes, accessibilité et présence d’un chalet aménagé.

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Au printemps 1990, l’équipe de recherche au grand complet s’est installée pour la première fois au chalet du Santel. Un programme de capture-marquage-recapture et un protocole d’observation ont immédiatement été implantés et perdure aujourd’hui encore (cf.  Suivre les marmottes). Ces protocoles et les recherches menées depuis lors sont à la base de notre compréhension de l’écologie et de la biologie des populations de marmottes alpines.

1) Recherches sur l’écologie de la marmotte alpine (1990-1998)

Les connaissances sur la marmotte alpine étant alors rudimentaires, les premières études se sont attachées à décrire les comportements, la structures sociale et la structure spatiale de l’espèce.

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Ces études ont permis d’identifier une mosaïque de territoires occupés chacun par une famille de marmottes (thèse de C. Perrin) et défendus par un marquage odorant (thèse de M-C. Bel), de caractériser la composition en sexe et âge de chacune de ces familles (thèse de C. Perrin), ainsi que  de définir les conditions environnementales favorisant l’établissement d’un groupe familial (master de S. Massemin sur le régime alimentaire, thèse de O. Giboulet sur la colonisation de nouveaux milieu, thèse de S. Magnolon sur les comportements de dispersion, thèse de S. Louis sur l’impact du dérangement touristique sur le budget-temps des individus).

Il a ainsi pu être déterminé que la marmotte alpine présente une espèce sociale vivant en famille élargie sur un territoire bien défini; chaque famille étant composée d’un couple d’individus dominants monogames et d’un nombre variable d’individus subordonnés des deux sexes.

2) Recherches sur la physiologie de l’hibernation (1993-1996)

Parallèlement, un travail a été mené sur une approche physiologique de l’hibernation (thèse de N. Cochet).

3) Recherches sur le comportement, les traits d’histoire de vie et la dynamique des populations (1998- aujourd’hui)

Depuis 1998, D. Allainé et A. Cohas (qui a rejoint l’équipe en 2003 en tant que doctorante, puis a été recrutée en tant que Maître de Conférences à l’Université Claude Bernard-Lyon 1 en 2009) ont profité de l’accumulation des données provenant du suivi à long terme de la population de la Sassière pour aborder de nombreuses questions aussi bien en écologie comportementale, en dynamique des populations, qu’en génétique des populations. Le système de reconnaissance conçu à la naissance du projet a fourni une base solide au suivi des histoires de vie de toutes les marmottes de la zone d’étude.

Les premières étudmarmotton_oldes portant sur l’évolution de la socialité ont pu ainsi voir le jour avec la thèse de L. Graziani et le master de F. Brondex portant sur les causes et conséquences évolutives du bais de sex-ratio (proportion de mâles) observés dans les portées puis, plus récemment avec la thèse de S. Lardy sur les conséquences de la compétition intra-sexuelle chez les espèces sociales et celle de V. Berger (en cours) sur les conséquences de la socialité sur les patrons de sénescence des individus.

Par ailleurs, Le travail initié par B. Goossens en 1996, puis poursuivi par A. Da Silva et A. Cohas a permis d’obtenir des données sur les caractéristiques génétiques des marmottes. Les échantillons prélevés sur quasiment 100% des individus de la zone d’étude et sur des populations voisines sont utilisés pour étudier les relations de parenté entre individus (thèses de B. Goossens et A. Cohas), la génétique des populations (thèse de B. Goossens), les effets de la consanguinité (thèse de A. Da Silva) ou encore le choix du partenaire sexuel (thèses de A. Cohas et de F. Ferrandiz, en cours).

Finalement, l’équipe de recherche a pu également s’intéresser à la démographie de la population étudiée. Ces travaux ont permis d’analyser les différents paramètres (âge, sexe, facteurs environnementaux) influençant la survie des individus et le taux d’accroissement de la population (thèse de E Farand)  et contribuent à l’heure actuelle à une meilleure compréhension des effets du changement climatique sur les mammifères alpins (thèse de M. Tafani en cours).

Pour plus d’informations sur les thèmes actuels de la recherche, voir ‘recherches actuelles’. Des informations supplémentaires sur l’équipe de recherche actuelle se trouvent sous l’onglet  ‘Rencontrer l’équipe de recherche‘.