Le Projet Marmotte Alpine

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La Grande Sassière: notre site d’étude

location géographique

La Réserve Naturelle de la Grande Sassière (45°29’N, 6°58’E) est gérée par le Parc National de la Vanoise. Elle est située dans la vallée de la Haute Tarentaise, sur la commune de Tignes (Savoie).

Délimité par l’aiguille de la Grande Sassière au nord (3747 m), la Tsanteleina à l’est (3602m) et les pointes de Picheru (2953 m) et de la Bailletta (3701 m) au sud, ce vallon, orienté est-ouest, s’étage entre 1850 et 3747 m d’altitude et s’ouvre à l’ouest sur le lac de barrage de Tignes.

Le climat présente toutes les caractéristiques du climat alpin : températures moyennes basses, grandes amplitudes thermiques quotidiennes et annuelles, précipitations importantes.

Les différences d’altitude et d’exposition conduisent à une végétation fortement diversifiée comprenant des communautés végétales de types subalpines, alpines, et nivales. La réserve est considérée comme particulièrement riche et recèle de nombreuses espèces végétales rarement rencontrées en France.

La faune comprend de nombreuses espèces emblématiques des Alpes telles le chamois, Rupicapra rupicapra, ou encore le bouquetin, Ibex ibex, mais également des prédateurs de la marmotte alpine tels que le renard roux, Vulpes vulpes, et l’aigle royal, Aquila chrysaetos. Bien que le pacage des moutons n’ait plus cours au sein de la réserve, un pâturage bovin subsiste dans la partie basse du vallon.

Les marmottes occupent le vallon, des altitudes les plus basses jusqu’à plus de 3000 m sur les versants exposés sud. La population de ce vallon ne constitue pas une population isolée, mais fait probablement partie d’un ensemble plus vaste comprenant l’aval de la réserve et les vallons contigus au sud, à l’est et au nord.

Site d’étude

La zone d’étude se situe dans la partie ouest de la Réserve de la Grande Sassière à une altitude de 2350 m et s’étend sur environ 40 ha autour du chalet du Santel. Elle est parcourue par quatre torrents : deux torrents, l’un coulant d’est en ouest et l’autre du nord au sud, divisent la zone d’étude, deux autres torrents, coulant du nord au sud, limitent la zone d’étude.

Elle est caractérisée par une végétation typique de l’étage alpin, composée essentiellement de pelouses alpines plus ou moins rocailleuses, à l’exception d’une zone humide dans le fond de vallée, de plusieurs zones de laves torrentielles et d’un ancien reposoir près du chalet du Santel. Les ressources alimentaires disponibles pour les herbivores sont réduites, les marmottes pouvant rentrer en compétition pour ces ressources avec les ongulés sauvages présents sur la zone, mais également avec les bovins pâturant dans la partie ouest de la zone d’étude, de fin mai à fin septembre.

Une forte pression anthropique, liée aux touristes se déplaçant sur la piste parcourant le fond du vallon, est à signaler durant les mois d’été. Paradoxalement, cette situation pourrait être avantageuse : les marmottes compensent le dérangement en décalant leurs périodes d’activités et les prédateurs évitent la zone.

Depuis 1990, 26 groupes familiaux sont étudiés, 17 groupes font l’objet d’un suivi intensif. Ils se répartissent selon trois expositions au soleil : adret, ubac et fond de vallée. L’adret, exposé sud, correspond aux premières pentes sous l’aiguille de la Grande Sassière, le fond de vallée correspond aux replats situés entre la piste et le torrent situés en fond de vallée, enfin l’ubac correspond au versant nord du dôme de Picheru. L’ubac est enneigé plus tardivement, ce qui conduit à un retard de la croissance des plantes et, à un décalage du cycle biologique des marmottes.

colonie

La cartographie des territoires ainsi que la composition des groupes familiaux sont précisément connues et remises à jour en permanence. La population semble avoir atteint la saturation spatiale : seuls trois nouveaux territoires ont été créés par fractionnement de territoires préexistants entre 1990 et 2005.