Le Projet Marmotte Alpine

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Suivre les marmottes

Le suivi de la population a commencé en 1990. Il allie, à un protocole de capture marquage recapture, un protocole d’observation. Bien que le suivi ait lieu chaque année, la durée en est variable : de moins de 3 mois en 1990 et 1991, il s’est allongé jusqu’à 5 mois (ensemble de la période d’activité) entre 1995 et 2000, pour être limité par les autorités du Parc de la Vanoise, à 45 jours depuis 2001. Le suivi est particulièrement intense durant la période de reproduction soit de l’accouplement à la mi-avril jusqu’à la fin de l’émergence des marmottons à la mi-juillet.

Le protocole de capture-marquage-recapture

La capture

Parmi les nombreuses techniques de capture testées, deux, alliant efficacité et stress minimal pour les individus, ont été retenues. Il s’agit de la capture à l’aide de pièges et de la capture à la main réservée aux marmottons.

piège fermé

piège ouvert

Schema des pièges-boîtes employés

Les captures sont réalisées avec des pièges inspirés des pièges-boîtes (Tomahawk Live Trap Compagny, Wisconsin, USA). Les pièges sont appâtés avec du pissenlit placé sur la palette déclencheur et l’animal, en appuyant sur la palette, provoque la fermeture des portes.

Deux méthodes peuvent alors être employées :trap at work

– la capture volontaire et la capture forcée. La capture volontaire consiste à placer les pièges sur les terriers principaux et les sentes fréquemment empruntées, puis à faire appel à la gourmandise et/ou à la “bonne volonté” des individus. Cette méthode est de loin la plus utilisée. Malheureusement, son efficacité diminue au cours de la saison d’activité, les captures étant quasiment nulles en septembre.

– la capture forcée consiste à effrayer les individus afin qu’ils se réfugient dans les terriers, puis à bloquer la plupart des sorties et à encastrer les pièges dans les sorties restantes. Cette technique souffre de deux inconvénients majeurs. Premièrement, elle est à la fois lourde à mettre en œuvre et relativement invasive. Deuxièmement, les individus ont fortement tendance à préférer creuser de nouvelles sorties plutôt qu’à entrer dans un piège. Cette technique est donc surtout utilisée en fin de saison.

Une fois armés, les pièges sont relevés toutes les demi-heures.

La capture à la main est réservée aux marmottons. Elle consiste à réaliser un affût sur le terrier de naissance et à saisir à la main tous marmottons émergeant. Cette technique rapide et extrêmement efficace (jusqu’à une dizaine de marmottons capturés par jour) permet de cibler les marmottons capturés et ainsi de capturer les portées complètes dans un laps de temps réduit. Néanmoins, elle est efficace uniquement sur des marmottons encore « naïfs », c’est-à-dire dans les quelques jours qui suivent leur première sortie à l’air libre, lorsqu’ils sont encore inféodés à leur terrier de naissance.

  Le marquage

Marques pérennes, mais non observables à distance, et marques visuelles, à durée de vie variable, ont été utilisées.

Les marques pérennes sont apposées systématiquement à la première capture. Deux types de marques complémentaires ont été utilisés :

– des transpondeurs sont injectés sous l’épiderme entre les omoplates. Chaque transpondeur porte un code alphanumérique unique de 16 caractères maximum. Il s’agit de puces électroniques passives dont la lecture se fait par réflexion à l’aide d’un émetteur-lecteur placé à moins de 30 cm de l’individu. Leur lecture nécessite donc la recapture de l’individu.

– des bagues auriculaires métalliques numérotées (bagues à poisson) sont placées sur l’oreille droite des individus femelles et sur l’oreille gauche des individus mâles . Ces marques peuvent être lues à l’aide d’une longue vue si l’individu se trouve à une distance inférieure à 20 mètres. Leur lecture nécessite donc la recapture de l’individu dans la plupart des cas. La durée de vie moyenne de ces marques est supérieure à deux ans.

Deux types de marques visuelles ont également été utilisés mais aucune n’est malheureusement pérenne :

– la teinture consiste à teindre à l’aide de teinture ammoniaquée noire ou rousse (L’Oréal) soit une partie du corps, soit un symbole individualisé. Extrêmement efficace pour la reconnaissance visuelle, sa durée de vie n’excède pas 4 mois, la teinture disparaissant avec la mue au mois de juillet.

– les marques auriculaires colorées consistent à fixer à l’aide d’une bague métallique, sur l’oreille gauche des individus femelles et sur l’oreille droite des individus mâles, une pièce de plastique colorée. Bien visible, leur durée de vie varie fortement d’un individu à l’autre (moins d’une saison à plusieurs années).

transponder

Transpondeur

Bague auriculaire

Bague auriculaire

femelle marquée

Une femelle avec une marque auriculaire métallique

male marqué

Un mâle avec une marque auriculaire colorée

Les mesures biométriques et les prélèvements

Une fois capturés, les individus sont anesthésiés par une injection en intramusculaire.

Une fois anesthésiés, les individus sont sexés, pesés avec un peson de pêche, puis plusieurs variables biométriques sont mesurées telles que la longueur totale (tête et corps sans la queue) mesurée à l’aide d’un mètre ruban, la longueur des pattes antérieures et postérieures, la longueur de la mandibule, la largeur de la tête au niveau des zygomatiques et la largeur du bassin, toutes mesurées avec un pied à coulisse.

Divers prélèvements sont également réalisés (prise de sang, sécrétions odorantes) et, en particulier, des prélèvements d’ADN nécessaires aux analyses génétiques. Deux techniques ont été utilisées. Jusqu’en 1996, seuls des poils étaient prélevés. Par la suite, aux prélèvements de poils, se sont ajoutés des prélèvements d’épiderme.

Le protocole d’observations

Afin de connaître la structure socio-spatiale de chacun des groupes familiaux étudiés, le territoire et la composition des groupes familiaux ainsi que le statut social de chaque individu est déterminé chaque année. De plus, un effort particulier est réalisé quant au suivi des événements de reproduction, et permet de déterminer la date d’émergence des marmottons ainsi que le taille des portées.