Le Projet Marmotte Alpine

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Organisation Sociale

Une vie en famille

La marmotte alpine possède un indice de complexité sociale parmi les plus élevé comparé aux autres sciuridés (Blumstein et Armitage 1997).

familleLa structure sociale de la marmotte alpine s’articule autour du groupe familial. Un groupe familial typique est composé d’un unique couple d’adultes dominants, d’un nombre variable d’adultes subordonnés des deux sexes (individus de deux ans et plus), de juvéniles et de marmottons (Perrin 1993; Perrin et al. 1993). Le couple de dominants peut être qualifié d’égalitaire, aucun sexe n’étant dominant sur l’autre.

Les interactions entre individus au sein d’un groupe familial sont nombreuses et principalement de nature cohésive (Perrin 1993; Perrin et al. 1993). Les interactions amicales sont observées entre tous les individus d’un même groupe social, bien que la participation du mâle dominant soit inférieure. Les interactions agonistiques liées à la dominance et à la territorialité impliquent essentiellement des individus de même sexe.

Bien que, généralement, les individus composant un groupe familial soient apparentés au moins à l’un des deux individus dominants (Perrin 1993; Perrin et al. 1993), certains individus peuvent ne présenter aucun lien d’apparentement avec les individus dominants suite à un changement du couple de dominants ou encore, dans de rares cas, lorsque ces individus se sont intégrés à l’âge adulte dans un groupe familial préexistant (Giboulet 2000).

Sur leur territoire

territoire

Territoire de la famille N dans la vallée de la Gande Sassière (Savoie)

Tous les individus d’un même groupe familial partagent un territoire commun dont les limites sont constantes d’une année à l’autre.  La surface d’un territoire est de 2.5 ± 0.53 ha en moyenne et varie entre 0.9 ha et 2.8 ha (Perrin et al. 1993). Le territoire comprend un terrier principal (TP), des terriers secondaires (TS) et des latrines (L).

Le terrier principal est constitué de plusieurs chambres reliées entre elles et à l’extérieur par plusieurs galeries. L’ensemble des individus d’un même groupe familial rejoint ce terrier durant les périodes d’inactivité, pour y passer la nuit et pour hiberner. Ce terrier est généralement utilisé pour la mise-bas.

terrier loin

Terrier principal vu de l’extérieur

terrier près

Entrée d’un terrier principal

terrier intérieur

Organisation d’un terrier principal

Les terriers secondaires sont des excavations réduites, dépassant rarement deux mètres de profondeur et, possédant généralement une seule et unique sortie. Ces terriers servent principalement de refuge contre d’éventuels prédateurs.

Bien que les individus subordonnés participent à la surveillance du territoire, ils semblent rarement en assurer la défense qui incombe dans sa totalité au couple de dominants (Arnold et Dittami 1997). Ainsi, si tous les individus adultes d’un groupe déposent des sécrétions odorantes sur les terriers principaux, la contribution du couple dominant est plus importante et le marquage olfactif en limite de territoire lui est réservé (Bel et al. 1995; Bel 1998, Bel et al. 1999).

De la famille à la colonie

colonie

Ensemble de territoires formant une colonie dans la vallée de la Grande Sassière (Savoie)

Un ensemble de territoires familiaux forment une colonie. Au sein d’une même colonie, les interactions entre individus appartenant à différents groupes familiaux sont quasi uniquement agonistiques (Perrin 1993; Perrin et al. 1993).

Bibliographie

Arnold W, Dittami JP (1997) Reproductive suppression in male alpine marmots. Animal Behaviour 53, 53-66.

Bel M-C (1998) Le marquage jugal chez la Marmotte Alpine (Marmota marmota Linné 1758): Aspects éco-éthologiques et étude du système de communication chimique. Thèse de doctorat, Université Claude Bernard, Lyon

Bel M-C, Porteret C, Coulon J (1995) Scent deposition by cheek rubbing in the Alpine Marmot (Marmota marmota) in the French Alps. Canadian Journal of Zoology 73, 2065-2071.

Bel M-C, Coulon J, Sreng L, Allainé D, Bagneres AG, Clément JL (1999) Social signals involved in scent-marking behavior by cheek-rubbing in alpine marmots (Marmota marmota). Journal of Chemical Ecology 25, 2267-2283.

Giboulet O (2000) Processus de colonisation et de sélection de l’habitat chez la Marmotte Alpine (Marmota marmota L. 1758). Thèse de doctorat, Université Claude Bernard, Lyon.

Blumstein DT, Armitage KB (1999) Cooperative breeding in marmots. Oikos 84, 369-382.

Perrin C (1993) Organisation socio-spatiale et distribution des activités chez la Marmotte Alpine (Marmota marmota Linné 1758). Thèse de doctorat, Université Denis Diderot, Paris.

Perrin C, Allainé D, Le Berre M (1993) Socio-spatial organization and activity distribution of the Alpine Marmot Marmota marmota: Preliminary results. Ethology 93, 21-30.